L’Organisation mondiale de coopération en intelligence artificielle (World Artificial Intelligence Cooperation Organization, WAICO) a été créée à Shanghai le 16 juillet 2026 et présentée officiellement lors de l’ouverture de la World AI Conference le 17 juillet. Fondée par 29 pays, WAICO se veut un forum représentatif visant à réduire le déficit de gouvernance créé par le fait que le développement de l’IA dépasse les cadres réglementaires existants.
Une nouvelle étape institutionnelle pour la gouvernance de l’IA
WAICO s’inscrit dans la continuité d’une série d’initiatives internationales récentes — dont la Bletchley Declaration de 2023 et plusieurs efforts de 2025 en matière de gouvernance mondiale de l’IA — mais revendique un périmètre d’action plus large. Plutôt que de se concentrer uniquement sur l’atténuation des risques liés aux IA de pointe, l’organisation associe explicitement les enjeux de sécurité, de sûreté et d’éthique aux objectifs de développement, de renforcement des capacités, de coopération technologique et d’accès équitable aux bénéfices de l’IA.
En quoi WAICO se distingue des initiatives antérieures
Là où les processus antérieurs ont souvent été portés par des économies avancées et des acteurs technologiques de premier plan, WAICO met l’accent sur l’inclusion et l’égalité souveraine. Elle ne cherche pas à remplacer les mécanismes existants ; son ambition est de les compléter en élargissant la participation des parties prenantes et en créant un espace de dialogue fondé sur le respect mutuel. Son approche normative s’inspire notamment de l’initiative chinoise pour la gouvernance mondiale de l’IA lancée en 2023, avec des thèmes tels que l’innovation centrée sur l’humain, la souveraineté des données et la transparence algorithmique.
Une attention particulière au Sud global
Un pilier central du mandat de WAICO est de donner plus de voix aux pays en développement. L’organisation propose quatre axes concrets pour corriger des déséquilibres persistants : renforcer le rôle des États en développement dans l’élaboration des normes ; promouvoir le transfert de technologie et le renforcement des capacités ; soutenir la souveraineté numérique en matière de données et de dispositifs réglementaires ; et élargir l’accès équitable aux bénéfices développementaux de l’IA. La présence du Brésil et du Mozambique parmi les membres fondateurs illustre l’intention de WAICO de faire dialoguer régions, trajectoires de développement et communautés linguistiques, et souligne le rôle croissant de la coopération Sud‑Sud en matière de gouvernance numérique.
Légitimité et perspectives
La composition actuelle de WAICO couvre l’Afrique, l’Asie, l’Europe et l’Amérique latine, mais son influence à long terme dépendra d’un élargissement de son assise. Son efficacité et sa légitimité reposent sur sa capacité à attirer un mélange plus large d’États développés et en développement et à approfondir l’engagement régional. Ce faisant, WAICO vise à devenir une plateforme plus équilibrée pour façonner des règles internationales sur l’IA prenant en compte à la fois la sécurité et le développement socio‑économique.
La création de WAICO marque un pivot notable dans le débat mondial : on passe de coalitions majoritairement axées sur les risques et portées par l’innovation à une architecture de gouvernance qui met explicitement la représentation et le développement au premier plan. Sa capacité à remodeler les normes internationales en matière d’IA dépendra de l’élargissement de son membership, de ses livrables opérationnels et de sa réussite à coordonner ses actions avec les dispositifs de gouvernance existants.

