Optimist Ventures lance à Asheville un modèle de financement hybride — ni capital-risque traditionnel, ni pure subvention — qui combine une subvention et un instrument de dette indexée aux profits pour soutenir des petites entreprises locales. Le fonds, piloté par le CEO Jeffrey Kaplan et né après l’ouragan Helene, associe 50 000 dollars de capitaux à un programme d’accélération de 14 semaines pour aider des sociétés réalisant entre 150 000 et 2 millions de dollars de chiffre d’affaires.
## Un instrument financier inédit : la SPA Note
Optimist Ventures a structuré son intervention autour de la SPA Note (Shared Profit Agreement). Chaque entreprise sélectionnée reçoit 50 000 dollars, répartis à parts égales entre une subvention et une SPA Note. Le remboursement de la SPA Note s’étend sur six ans et se calcule comme un pourcentage des bénéfices nets, jusqu’à un plafond prédéfini. Selon Kaplan, la plupart des fondateurs remboursent environ 36 000 dollars sur les 50 000 initiaux, et les investisseurs peuvent estimer un rendement proche de 13 %.
## Un accélérateur local couplé au financement
Les bénéficiaires suivent un programme de 14 semaines animé en partenariat avec Venture Asheville. Optimist Ventures cible des “tech-enabled lifestyle businesses” — des marques locales qui intègrent la technologie pour accroître leur efficacité sans viser forcément une sortie de type licorne. Le modèle évite les frais de gestion et le carried interest, une décision volontaire du fonds pour maximiser le retour du capital vers les partenaires limités : “Every dollar stays in town”, souligne Kaplan.
## Premiers résultats concrets pour Asheville
La première cohorte, tenue à l’été 2025, comprenait sept entreprises, dont six dirigées par des femmes. Les retombées sont tangibles : une société a investi la somme dans un équipement de réfrigération pour passer à la vente en gros et approvisionner un restaurant référencé par le guide Michelin ; une autre, Legally Addictive Foods, a obtenu un partenariat avec JetBlue après l’accélérateur. La deuxième cohorte a attiré 60 candidatures pour 13 places, signe d’un intérêt local marqué.
## Une réponse à une faille du capital-risque
Kaplan explique que le modèle répond à un manque : le capital-risque traditionnel mise sur quelques gains exceptionnels pour compenser plusieurs échecs, ce qui laisse de côté des entreprises rentables mais peu susceptibles de générer des sorties colossales. Optimist Ventures cherche “à maximiser les victoires” en finançant des structures viables qui créent des emplois et renforcent l’économie locale.
## Impact sociétal et ambition régionale
Outre la croissance économique, le programme intègre un volet civique : du bénévolat pendant l’accélération pour pousser les fondateurs au-delà de leur rôle d’entrepreneur et les préparer à devenir des acteurs communautaires. Kaplan voit dans Optimist Ventures un levier pour former “la prochaine génération de philanthropes, de leaders civiques et d’élus” de la région. Il espère qu’à l’horizon 2030, Asheville sera reconnue non seulement pour ses espaces extérieurs et sa vie artistique, mais aussi pour des “expériences tech-enabled” marquantes.
Optimist Ventures considère que son approche n’est pas limitée aux petits marchés : Kaplan évoque des villes comme Atlanta ou Charlotte où existent aussi des « zones intermédiaires » d’entreprises trop petites pour le capital-risque, trop risquées ou trop jeunes pour les banques. Le fonds propose ainsi un modèle hybride qui vise à remplir ce créneau tout en gardant un ancrage local fort.

