Les régulateurs fédéraux américains ont annoncé une interdiction d’importation visant les nouveaux robots humanoïdes étrangers et les onduleurs de puissance, motifs avancés : risques pour la cybersécurité et vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement. La mesure, portée par la Federal Communications Commission, touche en pratique des fabricants majoritairement basés en Chine et intervient à quelques semaines d’une visite prévue du président chinois à Washington.
## Robots humanoïdes : portée et limites de l’interdiction
La FCC a précisé que l’interdiction concerne les « nouvelles versions » de robots humanoïdes, ainsi que les robots quadrupèdes, appelés couramment chiens-robots. L’agence invoque des risques de sécurité nationale liés à la cybersécurité et au fait que la production à l’étranger expose les chaînes d’approvisionnement américaines à des ruptures ou à des intrusions. L’interdiction ne semble pas empêcher l’utilisation continue d’appareils déjà en service ni la commercialisation de modèles déjà approuvés sur le marché américain.
## Une mesure ciblant principalement la Chine
La Chine détient une large part du marché mondial des humanoïdes — environ 85 % selon les chiffres cités — et plusieurs grands groupes chinois ont massivement augmenté leurs livraisons : Unitree et AGIBOT auraient chacun expédié plus de 5 000 unités en 2025, contre quelques centaines seulement pour des acteurs américains tels que Tesla ou Figure AI, d’après l’organisme d’études Omdia. Des analystes soulignent que priver ces fabricants du marché américain réduit un débouché important mais ne freinera probablement pas le développement chinois, alimenté par une forte production domestique et des débouchés internationaux.
## Motifs officiels et implications pour les onduleurs
Outre les robots, l’interdiction vise aussi les onduleurs de puissance, éléments clés des systèmes d’énergie renouvelable, des centres de données et de certains équipements ménagers. Les autorités mettent en avant la nécessité de sécuriser les « chaînes d’approvisionnement critiques ». Des analystes estiment cependant que l’impact sur le marché américain pourrait être limité à court terme, la mesure ne s’appliquant pas rétroactivement aux appareils déjà en circulation ou approuvés.
## Réactions politiques et commerciales
Le président de la FCC, Brendan Carr, a défendu l’initiative comme nécessaire pour « sécuriser les chaînes d’approvisionnement critiques » des États-Unis. Pékin a réagi vivement, accusant Washington de protectionnisme et d’élargir abusivement la notion de sécurité nationale pour freiner les entreprises chinoises. La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a mis en garde que ces mesures nuiraient aux intérêts des entreprises et des consommateurs américains.
## Conséquences pour l’industrie et la coopération technologique
Les analystes cités relèvent plusieurs conséquences concrètes : protection partielle des acteurs domestiques face à la concurrence chinoise, perturbations possibles des relations industrielles transnationales, et complications pour des collaborations déjà nouées. Par exemple, une référence de robot humanoïde dévoilée par Nvidia en juin utilise le châssis humanoïde du chinois Unitree, illustration des liens techniques qui pourraient être affectés. Par ailleurs, le Pentagone a récemment inscrit Unitree et d’autres entreprises chinoises sur une liste d’entités considérées comme liées à l’appareil militaire chinois, allégation rejetée par Pékin.
La décision s’inscrit dans une série de restrictions américaines portant sur les importations et les transferts technologiques, dont les drones et les exportations de technologies avancées vers la Chine. Des observateurs estiment que ces mesures constituent autant de points de friction potentiels en vue du sommet prévu entre les présidents américain et chinois en septembre.
La mesure met en lumière une double priorité pour Washington : réduire les risques perçus liés à la sécurité des technologies sensibles et soutenir des capacités industrielles nationales, tout en laissant intactes plusieurs questions pratiques — portée exacte des interdictions, impact sur les utilisateurs finaux et conséquences à long terme pour un secteur en forte croissance internationale.

