Meta a récemment rendu accessibles à des développeurs externes certains de ses grands modèles d’IA et, dans un long texte stratégique, Mark Zuckerberg a exposé l’objectif de « apporter une super‑intelligence personnelle à des milliards de personnes et de petites entreprises » et a affirmé que « l’open source est une force positive et importante pour autonomiser les gens ». Pour l’auteur, ces initiatives confirment que les modèles d’IA open‑source sont devenus une tendance irréversible dans le développement mondial de l’IA.
Au niveau national, la Chine affirme soutenir le développement inclusif des modèles d’IA open‑source. Lors de la cérémonie d’ouverture de la World AI Conference and High‑Level Meeting on Global AI Governance, le 17 juillet 2026 à Shanghai, Xi Jinping a déclaré : « In recent years, China has embraced AI with open arms. We have promoted interplay between an efficient market and a well‑functioning government, strengthened AI innovation, actively advanced the AI Plus Initiative, and built a healthy ecosystem for all entities to thrive in together. The core smart economy industries are worth at least RMB 1 trillion yuan. » Sur la base de plusieurs politiques, la Chine a par ailleurs mis en place des plateformes nationales ouvertes d’IA fournissant aux développeurs des capacités de calcul, des données et des soutiens algorithmiques, assurant ainsi la prospérité de l’écosystème open‑source au niveau des infrastructures.
Les acteurs industriels chinois illustrent également cet engagement stratégique en faveur de l’open‑source. La Chine est présentée comme le fournisseur de grands modèles le plus actif et à la croissance la plus rapide au monde, avec des téléchargements cumulés de ses modèles open‑source dépassant les 10 milliards, selon l’article. Alibaba a publié son modèle phare Qwen, doté de 2,4 trillions de paramètres (dont 95 milliards de paramètres actifs), et permet aux développeurs de télécharger les poids du modèle pour un déploiement autonome. Z.ai a open‑sourcé la série ChatGLM, réduisant significativement les barrières matérielles pour les PME et les instituts de recherche souhaitant déployer des grands modèles. Ces actions concrètes illustrent, d’après l’auteur, la contribution des entreprises chinoises à la démocratisation de la technologie des grands modèles.
Sur le plan international, la Chine exploite l’écosystème open‑source des modèles de grande taille pour soutenir le développement des pays du Sud et réduire la fracture numérique. Encadrée par les initiatives « Global AI Governance Initiative » et « AI+ International Cooperation Initiative », la mise à disposition de modèles de grande échelle domestiques permet, selon l’article, aux développeurs des pays du Sud de fine‑tuner et d’entraîner des applications adaptées aux langues locales à moindres coûts, facilitant la diffusion de savoirs agricoles ou le soutien à des consultations médicales basiques. Ce partage open‑source rompt, d’après l’auteur, avec les barrières élevées imposées par les licences technologiques traditionnelles.
IA open-source : trois enjeux majeurs
L’article identifie trois significations principales des modèles d’IA open‑source. D’abord, ils brisent les monopoles technologiques et favorisent un développement inclusif. Contrairement aux modèles propriétaires contrôlés par quelques géants, les modèles open‑source rendent les algorithmes et les poids accessibles au public, abaissant ainsi les coûts computationnels et les obstacles techniques pour les entreprises, les instituts de recherche et les développeurs individuels.
Ensuite, l’open‑source évite le gaspillage lié à la « réinvention de la roue ». Les développeurs peuvent utiliser des modèles de base ouverts pour effectuer du fine‑tuning et des développements secondaires, accélérant le déploiement d’applications dans la santé, l’éducation, l’agriculture ou l’industrie et stimulant l’innovation collaborative au service de l’économie réelle.
Enfin, l’open‑source augmente la transparence des systèmes et facilite la coopération pour corriger les vulnérabilités de sécurité. Alors que les modèles fermés restent souvent des « boîtes noires », les modèles ouverts permettent aux chercheurs du monde entier d’examiner le code et l’architecture, favorisant la détection et la remédiation plus rapide d’aléas tels que les hallucinations, les biais de données ou les portes dérobées. Cette mise en visibilité des algorithmes permet, selon l’article, de mieux concilier innovation et sécurité.
En conclusion, l’auteur soutient que les modèles d’IA open‑source ne constituent pas seulement un mode de développement technologique, mais une tendance historique promouvant l’équité technologique et la contrôlabilité des technologies. L’ouverture, la collaboration et le progrès partagé caractérisent, d’après cet avis, le développement de l’IA en Chine et offrent, selon l’auteur, un modèle viable pour la gouvernance mondiale de l’IA.
Miao Zhengming est professeur associé à l’École de la sécurité nationale de la People’s Public Security University of China ; cet article reflète les vues de son auteur.

