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Samarkand : la route d’or que M. Trump devrait emprunter

Bichkek s’apprête à devenir le terrain diplomatique le plus conséquent d’Eurasie : sur trois jours, la capitale kirghize recevra le président chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi, le président turc Recep Tayyip Erdogan et, notablement, uniquement un envoyé spécial des États-Unis.

Xi Jinping arrive le 30 août pour une visite d’État au cours de laquelle il jouera également un rôle de premier plan lors du sommet annuel de l’Organisation de coopération de Shanghai (SCO), tandis que Washington dépêche un haut envoyé pour assister à des jeux folkloriques. Le 31 août, des membres et invités de la SCO afflueront à Bichkek, dont Poutine, Erdogan, Modi, le président iranien Masood Pezeshkian et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Le sommet principal de la SCO et une réunion parallèle SCO-Plus se tiendront le 1er septembre.

Le 31 août coïncide avec la fête de l’indépendance du Kirghizistan, marquée par l’inauguration de la Bishkek Arena et l’ouverture des World Nomadic Games. C’est précisément à cet événement que Gor, l’envoyé très actif du président Donald Trump, doit assister. Sa présence permettra à Washington de ne pas être totalement absent de la scène diplomatique ; il devrait par ailleurs tenir des réunions séparées avec le président kazakh Kassym-Jomart Tokayev, le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev et le président hôte Sadyr Japarov, selon une source diplomatique.

Bichkek, épicentre d’une nouvelle compétition globale

L’Asie centrale émerge comme un nouveau champ de bataille de la grande politique : la Chine et les États-Unis ont chacun besoin de la région pour réduire leurs vulnérabilités réciproques. Pékin cherche des corridors énergétiques et de transport eurasiens pour diminuer son exposition aux points de passage maritime susceptibles d’être coupés par la marine américaine en cas de crise liée à Taïwan. Les États-Unis, de leur côté, ont besoin des minéraux critiques de la région pour réduire leur dépendance à la Chine.

Face à cette attention renouvelée, les gouvernements d’Asie centrale renforcent une politique étrangère multi-vectorielle, en entretenant des relations dans toutes les directions. Le Kazakhstan, frontalier de la Russie et de la Chine, vient d’organiser un nouveau cycle électoral après une réforme constitutionnelle visant à consolider la stabilité politique intérieure et à rendre la prise de décision plus agile dans un environnement international imprévisible. Le souvenir de janvier 2022, quand des troubles politiques ont conduit Tokayev à faire appel à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) dirigée par la Russie, rappelle combien l’instabilité intérieure peut engendrer une dépendance étrangère.

Alors que la Russie est accaparée par la guerre en Ukraine, la Chine voit une opportunité d’étendre son influence en Asie centrale. Les États-Unis ne peuvent se permettre d’être absents alors que Pékin approfondit sa présence au cœur de l’Eurasie. Cette semaine à Bichkek, la Chine aura l’avantage : Xi y assiste en tant que chef d’État, tandis que Washington n’envoie qu’un envoyé. L’article estime que M. Trump devrait changer cela l’année prochaine.

Samarkand, une opportunité diplomatique et symbolique

Les bases sont déjà posées : le secrétaire d’État Marco Rubio doit se rendre à Samarkand, en Ouzbékistan, les 18 et 19 octobre pour rencontrer ses homologues d’Asie centrale dans le cadre d’une réunion C5+1, selon des sources d’Asie centrale. Astana et Tachkent seraient des destinations logiques pour un déplacement présidentiel, rendant hommage respectivement à la plus grande économie et au pays le plus peuplé de la région. Mais Samarkand, carrefour ancien de la route de la soie, offrirait une photogenie idéale.

Les dômes turquoise de la place du Régistan appartiennent à des madrassas, et non à des mosquées. Se tenir devant elles signalerait la présence d’un président américain rendant hommage aux contributions du monde islamique aux savoirs — algèbre, algorithmes, astronomie et cartographie céleste —, selon l’analyse du texte source. « Depuis des siècles, des marchands commerçaient avec qui venait ; Trump y serait chez lui », ajoute l’article.

Aucun des cinq pays d’Asie centrale n’est classé “Free” par Freedom House, mais ils reposent sur d’énormes réserves de pétrole, de gaz, d’uranium et de minéraux critiques. Un déplacement de M. Trump à Samarkand montrerait, selon l’article, un président américain venu non pas pour donner des leçons, faire la guerre ou exiger une allégeance, mais pour faire des affaires. Les États-Unis n’ont pas besoin de dominer l’Asie centrale : il leur suffit de s’assurer qu’aucune autre puissance ne la domine.

Tandis que Pékin cherche à réduire sa dépendance aux points de passage maritime, la vieille route de la soie retrouve une importance stratégique. Comme l’écrivait le poète britannique James Elroy Flecker : « Par la soif de connaître ce qui ne doit pas être connu, nous prenons la route d’or pour Samarcande. » L’article conclut que, l’année prochaine, le président des États‑Unis devrait emprunter cette route. Pékin sera attentif.

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