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LibreOffice : 1,03 million de téléchargements en une semaine grâce au « sans IA »

LibreOffice confirme que sa version 26.8, publiée le 26 août, a été téléchargée 1 031 162 fois en une semaine — un record pour la suite — et le choix délibéré de livrer un produit sans fonctionnalités génératives d’IA est devenu un élément d’attraction majeur.

LibreOffice 26.8 : nouveautés et record de téléchargements

LibreOffice 26.8, sorti le 26 août, apporte plusieurs améliorations concrètes : un Paragraph Composer pour équilibrer l’espacement d’un paragraphe, un meilleur support des écritures complexes et des langues de droite à gauche (notamment chinois, japonais et coréen), la prise en charge native des polices OpenType variable, des champs calculés dans les tableaux croisés dynamiques de Calc, des améliorations de compatibilité pour les types de graphiques Microsoft Office, et la possibilité pour Impress/Draw d’utiliser plusieurs tailles de page dans un même document.

Malgré ces ajouts techniques, l’annonce la plus remarquée reste l’absence volontaire de fonctionnalités d’IA générative : The Document Foundation (TDF) a indiqué sur son blog officiel que LibreOffice 26.8 ne contient aucune fonction d’IA générative, qu’aucun document n’est envoyé vers des services distants pour traitement par IA et qu’aucun composant n’exige d’accès à Internet pour fonctionner. Une semaine après la sortie, le total des téléchargements officiels a atteint 1 031 162, le plus fort démarrage hebdomadaire de l’histoire de LibreOffice. TDF précise que ce chiffre couvre les téléchargements depuis le site officiel, tandis que de nombreux utilisateurs Linux reçoivent la mise à jour via les dépôts de leur distribution, ce qui augmente en réalité la portée.

Pourquoi LibreOffice fait du « sans IA » une caractéristique

Après la sortie, TDF a publié, le 3 septembre, un article intitulé “Yes, no AI is now a feature”. L’organisation y précise qu’elle ne rejette pas l’IA en soi, mais qu’elle exige des « seuils d’entrée » stricts avant d’intégrer des fonctions IA par défaut dans un logiciel utilisé quotidiennement par des dizaines de millions de personnes. Ces conditions sont :

1) Le contrôle par l’utilisateur : l’utilisateur doit pouvoir choisir où s’exécute l’inférence — localement, sur une infrastructure qu’il contrôle ou sur un service de son choix ; une redirection silencieuse vers un seul fournisseur n’est pas acceptable.

2) Le contenu des documents ne doit pas quitter l’ordinateur de l’utilisateur sans autorisation explicite ; la transmission ne doit pas être un comportement automatique du logiciel.

3) Aucune télémétrie : LibreOffice ne collecte pas de données d’utilisation, et toute fonctionnalité IA doit respecter ce principe.

4) Pas d’enchaînement à un fournisseur unique : une interface IA doit pouvoir être implémentée par plusieurs backends afin d’éviter le verrouillage fournisseur.

5) Les formats de fichiers ne doivent pas être compromis : le contenu généré doit respecter l’Open Document Format (ODF) en conservant structure, styles et sémantique.

6) L’IA doit être entièrement optionnelle : les administrateurs d’entreprise doivent pouvoir désactiver ou supprimer complètement les fonctionnalités liées à l’IA lors du déploiement à grande échelle.

Selon TDF, aucun solution actuelle n’atteint encore l’ensemble de ces exigences pour être intégrée par défaut et maintenue durablement.

Usage optionnel via des extensions et positionnement de TDF

TDF rappelle que l’absence d’IA par défaut n’empêche pas l’usage d’IA : des extensions tierces existent et permettent d’intégrer des modèles, y compris des modèles locaux comme Ollama ou LM Studio, ou d’autres points de terminaison locaux compatibles avec l’API OpenAI, de sorte que les documents puissent rester sur la machine de l’utilisateur. Ces extensions sont toutefois communautaires, non officielles, et leur maturité varie ; leur usage implique que les utilisateurs et les administrateurs évaluent eux-mêmes les risques.

TDF explique également que sa position n’est pas motivée par la technologie elle-même, mais par un modèle organisationnel : en tant qu’entité à but non lucratif sans abonnements, sans télémétrie, sans publicité et sans verrouillage de fonctionnalités derrière des paywalls, LibreOffice ne subit pas la même pression commerciale que des suites propriétaires qui peuvent utiliser des assistants IA pour justifier des hausses de prix ou l’hébergement des utilisateurs dans leurs propres clouds. TDF indique toutefois surveiller l’évolution : si des solutions futures respectent vie privée, ouverture, contrôle utilisateur et optionnalité, elles seront examinées attentivement.

En conclusion, LibreOffice rend aujourd’hui le « sans IA » explicite et optionnel, en rendant la décision d’ajouter ou non des fonctionnalités IA à la main des utilisateurs et des administrateurs.

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