NG Solution Team
Intelligence artificielle

Intelligence artificielle: un remède possible à la pénurie de médecins?

Un panel d’experts réuni à All In 2026, au Palais des congrès de Montréal, a débattu jeudi 17 septembre 2026 de la capacité de l’intelligence artificielle à aider à pallier la pénurie de professionnels de santé au Canada. En toile de fond, la enquête « NosSoins » 2025, menée par Unity Health Toronto en partenariat avec l’Association médicale canadienne, indique qu’environ 5,9 millions d’adultes canadiens n’ont pas de fournisseur de soins primaires désigné.

Intelligence artificielle et pénurie de médecins

Muhammad Mamdani, directeur du Centre for AI Research and Education in Medicine de la Temerty Faculty et Clinical Lead for AI à l’Université de Toronto, a soutenu que l’IA pourrait assister les patients sans médecin de famille. Selon lui, face à un patient inexplicablement souffrant qui se tourne souvent vers les urgences en l’absence de suivi, l’IA pourrait analyser des éléments cliniques comme le ferait un médecin.

Il a cité le projet AMIE de Google, qui permet des consultations vidéo assistées par IA, et a expliqué comment la technologie peut traiter des données multimodales: « Il entendra votre toux. Il vous verra emmitouflé dans une couverture. Il saura que vous avez des frissons. Donc vous commencez à lui fournir ces données multimodales. Nous avons six millions de personnes sans médecin de famille. Pouvons-nous maintenant commencer à remédier à cette situation en utilisant l’IA ? Elle ne remplacera pas les médecins, je l’espère. Mais elle allégera certainement la pression. »

Elissa Strome, directrice exécutive de la Pan-Canadian Artificial Intelligence Strategy au Canadian Institute for Advanced Research (CIFAR), a rappelé l’importance d’une approche multidisciplinaire — informaticiens, cliniciens, partenaires patients et administrateurs — pour déployer l’IA en santé. « C’est ce que nous devons faire au sein de notre système de santé au Canada. Nous devons vraiment travailler ensemble pour résoudre ces problèmes, et nous devons vraiment adopter l’IA », a‑t‑elle souligné.

Selon Strome, « Environ 30 % de nos 150 titulaires de chaires Canada CIFAR en IA travaillent à faire progresser la science et l’application de l’IA au sein du système de santé ». Le laboratoire mène plusieurs projets de long terme, notamment une application qui intègre l’imagerie médicale sur différentes modalités et un tableau de bord visant la prévention et la prédiction du diabète.

Les intervenants ont aussi insisté sur les défis liés à la confiance du public et à la protection des données. « Nous devons dialoguer avec le public pour mieux comprendre leurs craintes et mettre en valeur les bénéfices. Nous devons inclure patients, cliniciens et développeurs dans une seule conversation », a indiqué Strome.

Par ailleurs, le gouvernement fédéral, qui a lancé en juin la stratégie nationale « AI for All », prévoit notamment le développement d’un superordinateur d’IA de calibre mondial, des investissements en capacités souveraines de calcul et en infrastructure cloud, ainsi que le renforcement des mesures de protection des renseignements personnels — y compris contre les deepfakes — et l’établissement d’un cadre de sécurité en ligne pour mieux protéger les utilisateurs des réseaux sociaux et des chatbots.

Related posts

L’Université centrale du Cachemire a-t-elle mis en avant l’innovation éthique lors de la conférence 2AI-2026 ?

Thomas Lefèvre

Comment Krafton a-t-il atteint un nombre record de soumissions à l’ICML 2026 ?

Marie Martin

Vous souhaitez sponsoriser la conférence UNU Macau sur l’IA 2026 ?

Sophie Laurent

This website uses cookies to improve your experience. We assume you agree, but you can opt out if you wish. Accept More Info

Privacy & Cookies Policy