Samsung profite pleinement du boom de l’IA qui a fait exploser les prix des puces mémoire : cette hausse exponentielle a généré des bénéfices records et l’entreprise table désormais sur plus de 80 milliards de dollars de résultat opérationnel pour le troisième trimestre 2026. Face à ce contexte, la direction a choisi de laisser sa division mobile subir les conséquences plutôt que de brader des puces qui se vendent à des marges historiques.
Une stratégie dictée par le supercycle mémoire
Le développement de l’IA a dopé la demande en mémoire et entraîné une forte remontée des prix des puces, source principale des profits actuels de Samsung. Dans ce contexte, vendre des puces au prix préférentiel à sa propre division mobile reviendrait à renoncer à des ventes très lucratives vers d’autres clients. Le groupe, via Samsung Electronics, reste donc extrêmement rentable au niveau global, même si la situation pénalise la division mobile.
Selon des informations publiques, une décision aurait été prise pour réduire la production de smartphones au quatrième trimestre 2026 jusqu’à 30 %. La division mobile est déjà en voie d’enregistrer une perte annuelle cette année, et ce malgré des hausses de prix sur les modèles existants ainsi que des tarifs plus élevés pour ses nouveaux téléphones.
La division mobile ne bénéficierait pas de tarifs préférentiels de la part de la branche semiconducteurs, ce qui l’expose pleinement à la volatilité et à la hausse des prix sur le marché de la mémoire. Des rumeurs évoquent par ailleurs que la gamme Galaxy S27 sera plus chère que les modèles qu’elle remplace.
Risques pour Samsung
Cette stratégie comporte des risques : la baisse des volumes vendus maintenant se traduira par une base installée plus petite à l’avenir, et il n’existe aucune garantie que les parts de marché cédées, notamment sur les segments bas et moyen de gamme où la concurrence chinoise est forte, reviendront lorsque les prix de la mémoire redescendront.
Les expéditions de smartphones devraient diminuer de dizaines de millions d’unités cette année, la réduction de volume ciblant principalement les segments low‑end et mid‑range.
Un pari calculé
Pour autant, la décision s’appuie sur des atouts : Samsung dispose d’une base d’utilisateurs fidèle, de plusieurs gammes populaires offrant un bon rapport qualité‑prix et de la capacité industrielle pour remonter rapidement en cadence une fois le marché de la mémoire apaisé. L’objectif affiché est clair : maximiser les gains tirés du supercycle mémoire avant l’arrivée de nouvelles capacités d’offre attendues d’ici 2028.

