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Telecom

Accès à Internet : 6,3 milliards en 2026, mais deux milliards restent hors ligne

L’accès à Internet atteint 6,3 milliards d’utilisateurs en 2026, soit 76 % de la population mondiale, mais environ deux milliards de personnes restent hors ligne, révèle l’Union internationale des télécommunications (UIT). Ce chiffre s’inscrit en hausse par rapport à 2025, où 6,1 milliards de personnes (74 %) utilisaient Internet, mais les données mettent en lumière des inégalités persistantes liées au revenu, au lieu de résidence, au genre et à l’infrastructure disponible.

Accès à Internet : inégalités selon le revenu et les réseaux

L’adoption d’Internet varie fortement entre économies riches et pauvres : elle atteint 93 % dans les pays à revenu élevé contre 32 % dans les pays à faible revenu. Si 97 % de la population mondiale vit à portée d’au moins un réseau 3G, la couverture 5G est nettement concentrée dans les marchés les plus riches (86 % de la population dans les pays à revenu élevé) contre 4 % dans les pays à faible revenu. Les réseaux mobiles plus récents apportent des débits supérieurs et une capacité accrue, essentiels pour les services gourmands en données comme le cloud, la visioconférence et certains outils d’intelligence artificielle.

Coûts, appareils et consommation de données

Le coût des terminaux et de la connectivité reste un frein majeur. La possession d’un téléphone mobile chez les personnes âgées de 10 ans et plus est de 84 % au niveau mondial, mais dépasse 95 % dans les pays à revenu élevé et tombe à 57 % dans les pays à faible revenu. La consommation moyenne mensuelle de données mobiles par abonnement atteint 20 Go dans les pays à revenu élevé, contre 3,4 Go dans les pays à faible revenu.

Sur l’aspect prix, le panier médian mobile « data-only » représente désormais 1,2 % du revenu national brut par habitant, tandis que le coût médian pour le fixe s’établit à 2,3 % du même indicateur. Pour la première fois en 2026, les pays enclavés en développement et les petits États insulaires en développement ont atteint l’objectif largement reconnu de maintenir le coût du haut débit mobile sous les 2 % du RNB par habitant. En revanche, les pays les moins avancés affichent un coût médian de 6,1 % du RNB par habitant pour le haut débit mobile. Enfin, trois économies sur dix ne respectent pas l’objectif de 2 % pour l’un ou l’autre des services (fixe ou mobile), ce qui pèse particulièrement sur les populations à faible revenu.

Afrique : couverture présente, usage manquant

La situation africaine illustre la différence entre présence d’infrastructures et usage effectif. Selon la recherche GSMA 2026, seulement 36 % de la population africaine utilisait Internet mobile en 2025, laissant plus de 900 millions de personnes hors ligne. GSMA estime que 63 % de la population africaine vit dans une zone couverte par le haut débit mobile mais n’utilise pas Internet mobile, tandis que 9 % reste en dehors de toute couverture mobile haut débit. L’accessibilité des smartphones est un facteur clé : fin 2025, un terminal d’entrée de gamme coûtait à la tranche la plus pauvre (20 %) d’Afrique subsaharienne l’équivalent de 76 % de leur revenu mensuel moyen.

Cas du Kenya : réseaux étendus, usage inégal

Le marché kényan montre une croissance des infrastructures sans traduction automatique en usage généralisé. D’après des données de l’Autorité des communications du Kenya, au 30 juin 2026 le pays comptait 52,26 millions de smartphones connectés et 27,42 millions de téléphones basiques ; les abonnements au haut débit mobile atteignaient 54,93 millions et les abonnements totaux aux données mobiles 64,26 millions. Le marché du fixe enregistrait 2,84 millions d’abonnements en juin 2026, soit une croissance annuelle de 32,4 %, dont environ 1,57 million de connexions fibre.

Pourtant, des écarts géographiques et de genre persistent : selon des données pays de l’UIT pour 2024, 56,6 % des individus en milieu urbain utilisaient Internet contre 25 % en milieu rural ; l’accès à Internet au sein des ménages était de 81,6 % en zone urbaine et de 26 % en zone rurale. L’usage individuel s’établissait à 37,8 % chez les hommes et 32,2 % chez les femmes. La couverture 4G atteignait 97,3 % de la population et la 5G 14 % dans cet ensemble de données. Le marché kényan du satellite montrait aussi une présence naissante : Starlink comptait 27 616 abonnements en juin 2026.

Compétences numériques et initiatives pour la connectivité utile

L’UIT souligne que l’extension de l’accès doit s’accompagner du développement des compétences numériques : les personnes ont besoin des savoir-faire pour utiliser les services en ligne et les technologies émergentes, a rappelé Cosmas Luckyson Zavazava, directeur du Bureau du développement des télécommunications de l’UIT. Plusieurs initiatives au Kenya ciblent ces compétences : Intel, le service national des bibliothèques et une fondation dédiée à l’IA se sont associées pour proposer des formations en IA via des bibliothèques publiques et des bibliothèques mobiles ; un programme de compétences numériques dans les comtés de Garissa et Turkana a inscrit plus de 700 jeunes (objectif 1 700) issus de communautés de réfugiés et d’accueil, couvrant cloud, intelligence artificielle, data analytics et certifications professionnelles. Par ailleurs, la plateforme Skilling Africa de Google vise à former trois millions de personnes en Afrique d’ici 2030, avec des formats « data-light », téléchargeables et accessibles hors ligne pour tenir compte des contraintes de connectivité et de coût des données.

L’accès à l’électricité et la fiabilité des réseaux sont également identifiés comme des facteurs déterminants pour transformer la connectivité en opportunités, selon une évaluation « Commonwealth Youth AI Readiness » du Kenya (novembre 2026).

Avec 6,3 milliards d’internautes en 2026, l’enjeu reste de taille : les deux milliards de personnes encore hors ligne et les populations sous‑connectées dans plusieurs régions mettent en évidence la nécessité d’actions coordonnées sur l’infrastructure, l’abordabilité, les appareils et les compétences numériques pour rendre la connexion véritablement significative.

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