Décembre, habituellement un mois de consolidation discrète dans le capital-risque, a révélé un changement significatif dans le financement de l’écosystème technologique africain. Le continent a enregistré environ 245 millions de dollars de transactions, avec une tendance notable vers la dette adossée à des actifs et l’implication des Institutions de Financement du Développement (IFD).
Un thème clé a été l’accent mis sur les modèles « asset-heavy ». À Lagos, LagRide a obtenu une facilité de crédit de 100 millions de dollars de la United Bank for Africa pour acquérir 3 500 véhicules, soulignant un mouvement vers le financement des infrastructures physiques. De même, Odyssey Energy Solutions a reçu une facilité de dette senior de 7,5 millions de dollars pour étendre sa plateforme de crédit pour équipements solaires, et Gozem a obtenu 535 000 dollars pour le financement de véhicules.
Cette tendance vers le prêt adossé à des actifs reflète la préférence des investisseurs pour une sécurité tangible dans un environnement de taux d’intérêt élevés où les modèles logiciels traditionnels ont eu du mal à s’imposer.
L’Égypte et l’Afrique du Sud se sont démarquées comme des pôles techniques, démontrant une diversité sectorielle. Nawah Scientific, basé au Caire, a levé 23 millions de dollars pour des expériences de laboratoire à distance, indiquant un intérêt croissant pour la deep tech et l’infrastructure de recherche. Parallèlement, l’Afrique du Sud se concentre sur la biotechnologie et l’agritech, avec SwiftVEE levant 10,1 millions de dollars, et les startups liées aux universités Immobazyme et BioCODE obtenant respectivement 1,45 million de dollars et 380 000 dollars.
Le secteur fintech reste actif mais évolue des paiements grand public vers l’infrastructure et les systèmes d’exploitation. Zazu a levé 1 million de dollars pour une plateforme bancaire numérique destinée aux PME, tandis que KaliSpot au Sénégal a obtenu 4 millions de dollars pour construire un réseau interopérable de kiosques et de distributeurs automatiques.
Dans l’ensemble, les données de décembre suggèrent un changement sur le marché africain vers des approches de financement plus complexes et multi-niveaux. L’implication des banques, des IFD et des fonds universitaires spécialisés indique une intégration plus profonde dans le système financier formel, avec des capitaux de plus en plus liés à des actifs tangibles et des indicateurs de rentabilité.

