Ottawa se débat avec les complexités de la souveraineté numérique, alors qu’un nouveau livre blanc gouvernemental met en lumière les défis liés au contrôle des données stockées par des fournisseurs soumis à des lois étrangères. Le document souligne que le gouvernement canadien ne peut garantir un contrôle juridique total que s’il gère lui-même le stockage des données ou fait appel à des fournisseurs opérant entièrement sous juridiction canadienne. Cependant, le stockage de données au Canada ou l’utilisation de fournisseurs canadiens ne les protège pas entièrement de l’emprise légale étrangère, comme le démontre le Cloud Act américain, qui permet aux autorités américaines de demander des données à des entreprises américaines, même si elles sont stockées à l’étranger, à des fins d’application de la loi.
Le gouvernement fédéral, dirigé par le Premier ministre Mark Carney et le ministre de l’Intelligence Artificielle Evan Solomon, explore le concept de “nuage souverain” pour répondre à ces préoccupations. Cette initiative vise à créer un environnement informatique conforme aux lois et valeurs canadiennes. Malgré un investissement d’environ 1,3 milliard de dollars dans des services de cloud fournis par des géants américains tels qu’Amazon, Microsoft et Google depuis 2021, le gouvernement reconnaît les risques potentiels d’accès étranger à des données sensibles.
Les récentes déclarations de Solomon soulignent l’importance des mandats judiciaires pour accéder à des données spécifiques, tout en insistant sur l’urgence de répondre aux préoccupations des Canadiens. Un groupe de travail, critiqué pour sa composition jugée favorable à l’industrie, a été chargé de rédiger des recommandations pour une stratégie actualisée en matière d’IA. Parallèlement, des groupes de la société civile ont appelé à un processus de consultation plus inclusif, soulignant la nécessité de répondre aux inquiétudes du public concernant les technologies d’IA.
Alors que le gouvernement navigue à travers ces défis, les entreprises canadiennes de télécommunications, dont Bell et Telus, se positionnent pour contribuer à l’effort de souveraineté numérique, bien que des inquiétudes subsistent quant à l’accès américain aux installations utilisant des technologies américaines.

