La majeure partie du capital-risque mondial afflue aujourd’hui vers un petit nombre de sociétés d’intelligence artificielle, rendant la collecte de fonds sensiblement plus difficile pour les fondateurs dont l’activité n’a pas l’IA au cœur. Le trimestre récent a battu des records en valeur globale — mais ces montants sont concentrés autour de méga‑tours qui absorbent une part disproportionnée du marché.
## Un record qui masque une concentration extrême
Les sommes annoncées pour le trimestre dépassent les 290–300 milliards de dollars au total, mais une fraction significative revient à quelques très grands tours. Quatre entreprises technologiques ont levé à elles seules des sommes combinées supérieures à 180 milliards de dollars sur la même période, incluant des engagements de plus de 120 milliards pour l’une d’entre elles et des séries à plusieurs dizaines de milliards pour d’autres. Au total, les acteurs IA ont capté près de 80 % de l’investissement trimestriel selon les données publiées, et environ 43 % du flux pour le premier semestre est concentré sur seulement deux acteurs.
Autrement dit, le marché ne s’est pas simplement élargi : il s’est scindé. Une poignée d’opérations de très grande ampleur ressemble davantage à des événements de marché qu’à des levées de fonds classiques, et elles redéfinissent les repères de valorisation pour l’ensemble du secteur.
## Ce que cela change pour les fondateurs non‑IA
Pour les entreprises sans véritable noyau IA, l’effet est palpable à plusieurs niveaux. D’abord, l

