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Intelligence artificielle

Gouvernance de l’IA : l’ONU, plateforme privilégiée selon la Chine

La Chine a défendu vendredi l’Organisation des Nations unies comme « la principale voie » pour la gouvernance globale de l’intelligence artificielle, appelant à la coopération internationale sur un large éventail de sujets liés à l’IA et à son développement inclusif.

L’ONU comme plateforme centrale pour la gouvernance de l’IA
Lors d’un point d’information organisé par la mission chinoise au siège de l’ONU, l’ambassadeur de Chine auprès de l’ONU, Fu Cong, a affirmé que Pékin entend consulter et coopérer avec d’autres pays via la « large plateforme » des Nations unies sur les enjeux majeurs du futur de la gouvernance de l’IA. Fu a insisté sur des principes d’ouverture, de coopération open source, de bénéfices mutuels et de contribution partagée.

Le point d’information s’est tenu deux semaines après la tenue à Shanghai de la World AI Conference et du High-Level Meeting on Global AI Governance. Fu a décrit cette conférence non seulement comme un lieu d’échanges, mais aussi comme un moyen de faciliter la circulation mondiale des ressources d’innovation nécessaires au développement de l’IA.

WAICO, une initiative mise en avant
À Shanghai a été lancé le World AI Cooperation Organization (WAICO), présenté par Fu comme « la première organisation intergouvernementale dédiée à l’IA ». La convention fondatrice a été signée par des représentants de 29 pays, et Fu a souligné que « tous les pays sont invités à y participer ». Il a précisé que WAICO vise à compléter le travail de l’ONU en se concentrant sur le renforcement des capacités, le dialogue politique, la coopération technique et les applications de l’IA.

Orientations politiques annoncées
Fu a rappelé les quatre observations formulées par le président chinois Xi Jinping pour bâtir un système de gouvernance de l’IA juste et équitable : stimuler un développement axé sur l’innovation, garantir la sécurité et le contrôle humain de l’IA, promouvoir l’apprentissage mutuel entre civilisations, et améliorer la gouvernance globale. Interrogé sur la régulation, il a insisté sur la nécessité d’équilibrer innovation et risques, avertissant que trop de régulation étoufferait l’innovation tandis qu’une liberté totale pour les entreprises exposerait la société aux dangers inhérents à l’IA.

Un rôle central confirmé pour l’ONU
Amandeep Gill, envoyé du secrétaire général de l’ONU pour la technologie, a décrit la conférence de Shanghai comme « qualitativement différente » et comme un pas important pour faire de la montée en capacités en IA une priorité internationale. Gill a réaffirmé que le secrétaire général Antonio Guterres se concentre sur la capacité, la sécurité et la durabilité de l’IA, et a plaidé pour que les initiatives se complètent entre elles, avec l’ONU restant « le foyer inclusif » de la gouvernance de l’IA.

Exigences des pays en développement
Des représentants de plus de 70 pays et d’organisations internationales étaient présents au briefing. Moses Jeres, conseiller en cyber/digital de la mission zambienne, a souligné que le principal frein pour la plupart des pays africains est l’accès au calcul (compute) plutôt que le talent ou l’ambition, et a salué les engagements pris à Shanghai concernant l’accès à l’infrastructure de calcul et aux cadres normatifs. Le représentant permanent du Pakistan auprès de l’ONU, Asim Iftikhar Ahmad, a jugé la création de WAICO opportune, en insistant sur le besoin pour les pays en développement d’accéder non seulement aux produits finis d’IA, mais aussi aux données, capacités de calcul, modèles, outils et assistance technique nécessaires pour développer et adapter l’IA localement.

Vers une mise en œuvre concrète
Plusieurs intervenants ont appelé à traduire les initiatives issues de Shanghai en soutiens concrets de renforcement des capacités pour les pays en développement, afin de rendre l’IA plus inclusive et accessible. Fu Cong a conclu en déclarant que la Chine est prête à renforcer la coordination politique, la coopération institutionnelle et la collaboration pratique avec l’ONU pour soutenir un rôle accru de l’organisation dans la gouvernance mondiale de l’IA.

L’ensemble des interventions a mis en lumière une aspiration commune : faire de la gouvernance de l’IA un chantier international centré sur le renforcement des capacités et la coopération, avec l’ONU en point de convergence.

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