Apple et Meta ont exprimé leurs préoccupations concernant le projet de loi C-22 proposé par le Canada, qu’ils estiment susceptible de contraindre les entreprises à créer des portes dérobées pour accéder aux données utilisateur chiffrées. Ce projet de loi, introduit par le Parti libéral au pouvoir, a été comparé à une demande similaire formulée par le gouvernement britannique en 2025, qui exigeait qu’Apple fournisse un accès à tout le contenu utilisateur chiffré dans le cloud. Apple avait refusé et avait retiré sa fonctionnalité de protection avancée des données iCloud du Royaume-Uni. La demande avait ensuite été abandonnée après des préoccupations concernant de potentielles violations d’un traité sur les données cloud impliquant les données de citoyens américains.
Au Canada, les responsables de l’application de la loi soutiennent que le projet de loi C-22 améliorerait leur capacité à enquêter plus rapidement sur les menaces à la sécurité. Cependant, Apple a exprimé une forte opposition, affirmant que le projet de loi compromettrait les fonctionnalités de confidentialité et de sécurité attendues par les utilisateurs. Apple soutient que la création de portes dérobées affaiblirait le chiffrement et exposerait les données des utilisateurs à des acteurs malveillants. Meta a également critiqué le projet de loi, en soulignant ses pouvoirs étendus et son manque de supervision, suggérant qu’il pourrait finalement réduire la sécurité des Canadiens.
Le PDG d’Apple, Tim Cook, s’est constamment opposé à la fourniture d’accès par porte dérobée, avertissant que cela pourrait conduire à des accès non autorisés par des cybercriminels. Cette position a été particulièrement renforcée en 2016, lorsque Apple a résisté à une ordonnance américaine de déverrouiller un iPhone impliqué dans une enquête criminelle. Le débat sur le projet de loi C-22 se poursuit à la Chambre des communes du Canada.

