L’Éthiopie se prépare à accueillir une conférence internationale majeure sur la cybersécurité et l’intelligence artificielle la semaine prochaine, visant à renforcer la résilience cybernétique de l’Afrique et à promouvoir une adoption sécurisée de l’IA dans un contexte de croissance numérique rapide. Prévu pour les 24 et 25 juin, l’événement est organisé par l’Association Éthiopienne de Cybersécurité et la Commission Économique pour l’Afrique des Nations Unies. Berhane Beyene, président de l’Association Éthiopienne de Cybersécurité, a souligné que la conférence se concentrera sur l’amélioration de la résilience cybernétique de l’Afrique, la protection de la souveraineté des données et l’encouragement de pratiques sécurisées en matière d’IA. Les participants comprendront des représentants d’institutions gouvernementales, d’organismes de régulation, de banques, de fournisseurs de télécommunications, de services publics, d’universités, d’agences de sécurité nationale, de ministères des TIC, de chercheurs en IA et d’opérateurs d’infrastructures critiques. Cette conférence intervient à un moment où les nations africaines font face à un nombre croissant de menaces cybernétiques, avec des organisations subissant plus de 3 000 cyberattaques par semaine, le chiffre le plus élevé au monde. En Éthiopie seulement, 27 773 cyberattaques ont été enregistrées contre l’infrastructure numérique nationale au cours de la première moitié de l’exercice fiscal 2025-2026, une augmentation significative par rapport à moins de 100 attaques annuelles il y a deux décennies. Les autorités avertissent que les modèles de sécurité traditionnels sont inadéquats alors que les organisations adoptent les technologies cloud et IA. La transformation numérique rapide de l’Afrique dépasse ses cadres juridiques et de gouvernance, rendant le continent vulnérable à la cybercriminalité transfrontalière. La souveraineté des données est une préoccupation croissante, les dirigeants africains plaidant pour que les données du continent restent sous contrôle africain. Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a abordé pour la première fois la gouvernance de l’IA en avril 2026, et le Parlement Panafricain prévoit de développer une loi modèle sur la cybersécurité et l’IA. L’Éthiopie est à l’avant-garde de ces efforts, ayant achevé sa Stratégie de Transformation Numérique 2025 et lancé Digital Ethiopia 2030. Une nouvelle loi sur la cybersécurité a été ratifiée le 9 juin, régissant les secteurs d’infrastructure critique tels que les télécommunications, l’énergie, la finance et le transport. La législation établit un fonds de cybersécurité et un cadre de licences pour les prestataires de sécurité privés, et les autorités éthiopiennes ont adopté une approche “Sécurité dès la Conception”, intégrant les considérations de cybersécurité à la mise en œuvre technologique.

