La technologie éducative entrera en 2027 sous l’angle de l’intelligence artificielle : tuteurs personnalisés, apprentissage adaptatif, alphabétisation à l’IA, formation axée sur les compétences et renforcement des garde-fous sont au cœur des priorités des écoles et des universités.
Technologie éducative : tuteurs IA et apprentissage personnalisé
Les systèmes de tutorat construits avec l’IA commencent à se déployer dans davantage d’établissements. L’OCDE indique que la génération d’IA peut agir comme tuteur, partenaire d’apprentissage ou assistant, mais seulement si son usage est guidé par des objectifs pédagogiques clairs. Ces nouveaux systèmes de tutorat ne suivent pas forcément des scripts fixes : ils peuvent poser des questions, proposer de petits indices et modifier leur approche durant l’échange, et pas uniquement après une séquence prédéfinie.
Aide aux enseignants et outils d’auteur
L’OCDE souligne aussi l’émergence d’outils d’auteur destinés aux enseignants : ces outils aident à rédiger et personnaliser des leçons, produire des questions et concevoir des simulations d’exercice. Les enseignants peuvent ensuite relire, modifier et approuver les productions de l’IA, ce qui permet de conserver la maîtrise pédagogique.
Apprentissage adaptatif et repérage des lacunes
L’apprentissage adaptatif devrait se développer : des systèmes d’IA peuvent modifier les contenus affichés à un élève en fonction de ses performances, afin d’ajuster les ressources et le soutien aux besoins individuels. L’objectif est de permettre aux enseignants d’identifier plus facilement les lacunes et d’apporter un accompagnement ciblé plutôt que d’imposer des cours uniques pour tous.
Alphabétisation à l’IA comme compétence centrale
L’IA s’immisce dans la vie quotidienne et professionnelle ; les écoles traitent désormais la connaissance de l’IA comme essentielle. L’OCDE définit l’« alphabétisation à l’IA » comme la capacité à comprendre les outils d’IA, à juger ce qu’ils produisent et à les utiliser de façon responsable et réfléchie. L’UNESCO propose un guide listant 12 compétences pour les élèves, organisées en quatre thèmes (une approche centrée sur l’humain, l’éthique de l’IA, des méthodes et usages pratiques, et la compréhension de la construction des systèmes d’IA) et un parcours en trois étapes : Comprendre, Appliquer, Créer.
Compétences enseignantes pour l’ère de l’IA
Le rôle des enseignants évolue aussi. Le Cadre de compétences en IA pour les enseignants de l’UNESCO décrit 15 compétences réparties en cinq catégories : état d’esprit centré sur l’humain, éthique de l’IA, fondements et applications de l’IA, pédagogie liée à l’IA, et développement professionnel via l’IA. Ces compétences sont organisées selon trois niveaux de progression : Acquérir, Approfondir, Créer. Selon l’OCDE, la génération d’IA éducative peut soutenir le travail humain sans supprimer l’agentivité des enseignants, faisant de la collaboration un enjeu clé.
Liens avec le marché du travail et formation par compétences
La technologie éducative restera fortement liée aux besoins changeants du marché du travail. Le rapport Future of Jobs 2025 du Forum économique mondial indique que d’ici 2030, 170 millions d’emplois seront créés et 92 millions seront supprimés, soit un gain net de 78 millions d’emplois. Le rapport note aussi que jusqu’à 40 % des compétences utilisées dans de nombreux métiers évolueront avec le temps et que 63 % des employeurs citent l’écart de compétences comme un obstacle majeur. Pour les compétences technologiques, les employeurs mentionnent l’IA, le big data et la cybersécurité ; les compétences centrées sur la personne restent importantes, comme la pensée créative, la résilience et l’agilité.
Protection des données, intégrité et usage responsable
Avec la diffusion de l’IA en milieu scolaire, les risques liés à la vie privée, à la sécurité, aux biais, à la transparence et à l’intégrité académique attirent davantage l’attention. L’OCDE rapporte que 72 % des enseignants du secondaire inférieur craignent que l’IA nuise à l’intégrité académique en aidant des élèves à présenter un travail qui n’est pas le leur. En 2024, 37 % de ces enseignants utilisaient l’IA dans le cadre de leur travail et 57 % estimaient que l’IA les aide à améliorer leurs plans de cours. Les orientations de l’UNESCO appellent à un usage sûr et mesuré de l’IA.
Expériences immersives et questions de vérification
Les technologies immersives et les simulations pourraient se multiplier pour compléter l’enseignement en présentiel plutôt que le remplacer. Mais l’augmentation des tuteurs IA et des agents autonomes soulève des questions sur la manière dont l’information générée par l’IA est produite, vérifiée et évaluée. L’UNESCO prévoit d’aborder ces sujets lors de la Digital Learning Week 2026.
La suite dépendra moins des seules capacités techniques de l’IA que des choix des établissements : les applications d’IA doivent être guidées par des objectifs pédagogiques clairs, le personnel requiert une formation solide et les apprenants doivent apprendre à travailler avec ces outils, tandis que les écoles doivent surveiller rigoureusement les risques liés à la vie privée, à la sécurité et à l’équité dans le travail scolaire.

