Le boom de l’intelligence artificielle stimule la demande pour des modules optiques et provoque une flambée des prix du phosphure d’indium (InP), un composé chimique utilisé pour fabriquer des lasers permettant la transmission ultra-rapide des données dans les centres de données.
Phosphure d’indium et tensions d’approvisionnement
Le phosphure d’indium permet de convertir des signaux électriques en lumière pour la fibre optique. En Chine, principal producteur, les prix ont fortement grimpé : les plaquettes InP de 2 pouces sont passées en juin jusqu’à 880 yuans (130,54 USD) la pièce, contre environ 500 yuans fin 2025, selon une note récente de la société de services financiers Nomura s’appuyant sur des experts du secteur. Sur la même période, les plaquettes de 3 pouces sont montées à environ 3 200 yuans contre près de 1 800 yuans auparavant.
Un indice InP compilé par le fournisseur d’informations financières Wind, qui suit les cours de plus de vingt sociétés cotées en Chine continentale, a progressé de 4,2 % lundi, soit une hausse plus marquée que celle observée dans certains segments technologiques de premier plan, notamment la lithographie et les matériaux pour semi-conducteurs. L’industrie envisage par ailleurs de nouvelles hausses de prix pouvant atteindre 10 % au quatrième trimestre, selon un rapport paru lundi dans un quotidien taïwanais.
Réactions des fournisseurs asiatiques
D’autres fournisseurs asiatiques ont réagi à cette tension d’approvisionnement. JX Advanced Metals, l’un des principaux producteurs japonais de plaquettes InP, a engagé une première série de révisions tarifaires susceptibles de porter les prix à deux ou trois fois leurs niveaux antérieurs, d’après un rapport de JPMorgan publié en début de mois. La banque d’investissement a précisé que les demandes des clients continuaient de dépasser l’extension de capacité de production prévue par l’entreprise.

