Depuis son lancement en 2015, React Native a transformé le développement mobile en permettant de créer des applications pour iOS et Android à partir d’une seule base de code. Bien que populaire, ce framework ne convient pas à tous les cas d’utilisation. Les problèmes de performance, la gestion des dépendances et le pont JavaScript peuvent poser des défis.
L’année dernière, j’ai développé cinq applications mobiles avec différents frameworks. Une application de fitness avec de nombreuses animations a échoué avec React Native mais a réussi avec Flutter. Une application fintech nécessitant une intégration matérielle profonde a été mieux servie par Kotlin Multiplatform. Un MVP pour une startup a été lancé rapidement avec Ionic. Le paysage du développement mobile a évolué, et de nouveaux frameworks répondent aux faiblesses de React Native tout en apportant leurs propres innovations.
React Native est solide mais montre ses limites pour les applications nécessitant des animations progressives, des graphiques lourds ou du rendu 3D. Les applications de jeux et d’édition vidéo en souffrent particulièrement. Les tests de performance montrent que React Native atteint en moyenne 52 FPS dans des scénarios d’animations lourdes, contre 60 FPS pour Flutter et les applications natives.
L’intégration matérielle profonde pose problème, car l’abstraction de React Native peut limiter les fonctionnalités possibles. De plus, la gestion de la scalabilité devient complexe dans les grandes applications, où les conflits de dépendances peuvent accaparer une grande partie du temps de développement.
Flutter, développé par Google, est devenu un concurrent majeur de React Native. Il utilise la bibliothèque graphique Skia pour dessiner son interface utilisateur directement, offrant des designs précis et uniformes sur toutes les plateformes. Kotlin Multiplatform, soutenu par Google, permet de partager la logique métier tout en conservant des interfaces natives optimisées pour chaque plateforme.
Ionic, basé sur des technologies web comme HTML, CSS et JavaScript, permet aux développeurs web de créer des applications mobiles sans apprendre de nouveaux langages. Cependant, les performances peuvent être limitées pour les applications graphiques intensives. NativeScript offre un accès direct aux API natives, mais sa communauté est plus restreinte.
Pour choisir le bon framework, il est crucial d’évaluer les besoins en performance, l’expertise de l’équipe et les spécificités de l’application. Les applications nécessitant des animations lourdes ou une performance native bénéficient de Flutter ou de Kotlin Multiplatform, tandis que les applications d’affaires peuvent fonctionner avec Ionic. Les défis d’intégration matérielle doivent être testés tôt, et le passage à un nouveau framework doit être planifié progressivement.

